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Chroniques :  Derniers Regards
 
Derniers Regards


On ne peut pas aller plus loin que la fin.
À moins peut-être d’être cette fin.
Et encore…


À Toi, au cas où.


À peine voilé par quelques nuages opaques et grisonnants, tirants sur un bleu pâle et triste.

Un bleu que tu n’as jamais vu…

Une lueur aussi, perçant l’éther et déchirant mollement l’atmosphère pesante de cette fin de monde. Celle de la lune, sûrement, astre désespérément mort assistant au trépas de l’humanité…

Voilà tout ce qu’il m’est soutenable de peindre à présent. Le coucher de soleil n’a même pas mordoré la fine toison montagneuse qui grève l’horizon, là-bas. Il est épouvantablement terrassant de constater que quelques misérables milliards d’années n’ont rien changé au funeste destin du globe.

J’augure être l’ultime entité consciente de ce macrocosme qu’est la Terre. Tout vestige, toute trace de vie ont semble t’il bel et bien vécu et disparu ; il y a probablement bien longtemps, si mes calculs ne m’ont pas plus égaré encore qu’ils ne viennent de le faire. Jadis, alors que des temps immémoriaux ne s’étaient pas encore écoulés, j’ai côtoyé d’autres réalités…

Du sable… Rien que du sable et de la poussière, limons atrocement mutilés par le temps… Et de la roche, glacée, indifférente et stérile, à perte de vue. Mon stock de vivres se tarie et moisit – il est juste que je n’avais pas prévu de demeurer ici. De toute façon, l’atmosphère est nocive et pernicieuse, et mes misérables poumons, déjà corrompus par le goudron du vingtième siècle, s’éteignent lentement.

Il me semble que je vais bientôt trépasser. Une mort qui sera une délivrance, nonobstant le reste, plus qu’une géhenne, bien que je la devine apathique et morbide.

Qu’accroire aujourd’hui ? En quoi pourrais-je ajouter foi ? Il n’y a plus de vivant, plus de sève… Plus d’eau ! Pas même les restes d’un cadavre pour me rassurer sur le sort des pensionnaires de ce monde étique et décharné. L’être humain a t’il même délaissé la Terre ? A t’il pris le temps de migré vers d’autres horizons plus propices à la vie ? J’en doute, car le piètre éclat de la lumière des étoiles en dit long sur l’état de dégénérescence même de l’univers.

Je n’ai même pas les moyens nécessaires pour apprécier la condition d’expansion ou non du tout, alors que je me trouve au bon moment… Quelle farce !

J’ai froid.

J’ai froid et j’ai mal…

Je me demande à qui est destiné ce testament que je griffonne sans conviction… Y a t’il encore un dieu, une chose, quelqu’un à qui me raccrocher ? Les âmes ont-elles vécu assez d’éternité pour témoigner de mon désarroi ?

Toi !… Toi que j’ai aimée si longtemps et si tendrement… Si longtemps !… Toi, tu es morte depuis tant et tant de lustres. Les siècles… Les millénaires ont effacé ton souvenir de la mémoire des choses. Et pourtant je me remémore. Oui, je me rappelle ces instants que nous avons passés à nous aimer, quand la valeur de la vie avait encore une signification. Je n’ai pas oublié ce que j’ai vécu hier ; ce que tu as vécu naguère, quand le soleil était dans la force de l’âge.

Cette déchirure temporelle qui nous sépare, je ne l’ai pas voulue. Le comprends-tu ? L’as-tu compris lorsque j’ai disparu ? Je suis ton avenir et ne puis le savoir ! Faut-il que le destin soit si fourbe, si indélicat d’hypocrisie ? Car m’aurais-tu attendu, aurais-tu compris la stupidité qui a guidé mes gestes, que ça n’aurait rien changé. Aurais-tu sculpté un message sur le plus gros des diamants que celui-ci ne serait plus que poussières désormais…

Rien, entends-tu ! Rien ne peut traverser le temps. Il est trop réel, trop authentique, trop omniprésent et à la fois si peu concret. Seuls ma folie d’homme et mon délire de chercheur apparemment si génial m’ont permis de le maîtriser et de satisfaire ma curiosité.

Hélas ! Cette expérience est sans retour…
Je t’aime, mon amour, et souhaite qu’il y ait un dieu pour te faire éternelle. Je vais te rejoindre maintenant, car cette chose qu’est la Terre n’a plus de sens commun, si ce n’est pour les rares étoiles qui expirent paisiblement dans le silence nocturne.

Tel un cafard sous le soleil, je me meurs sous les étoiles.


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Slynn
Auteur Slynn
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Date 03/06/2014 09:11:38
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Auteur Conversation
bebertine
Posté le: 05/06/2014 06:19  Mis à jour: 05/06/2014 06:19
Accro
Inscrit le: 01/11/2010
De: LES VANS SUD DE L'ARDÈCHE
Envois: 301
 Re: Derniers Regards
C'est la vérité. Le monde turne mais pas rond. Les valeurs se perdent, la société progresse mal Le Globe est devenue carré et vogue dans l''espace sans équilibre

Bebertine

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